Philosophie



Installation pour fin de travaux de la Master CLass avec Eugénie De La Rivière, 2020.


Le parcours Nomade est pensé comme une réserve de bio diversité d’une école d’art. Espace de croisement, de pensée libre, d’espace protégé tel un sanctuaire.

La philosophie du parcours combine la pratique et la théorie comme deux outils qui interagissent.
La pratique est vécue sur le terrain et la théorie est extraite d’une analyse d eterrain. Au travers de reportages de terrain et de journées d'études critiques sur la relation entre l'art et le design, les questions politiques et sociales en lien avec une transition socio-écologique sont étudiées pour comprendre et participer aux changements environnementaux.
Le développement pédagogique et la philosophie du programme NOMADE s’articulent autour de 3 axes, et s’adossent à un groupe de recherche dédié.

1 : Concevoir avec le vivant
Dépassant les débats liés aux hybridations et mutations du vivant, cet axe du programme propose de reconsidérer la volonté de contrôler le vivant. Cette pédagogie expérimente la mise en œuvre des conditions du « laisser faire » ; laisser croître plutôt que dessiner, fédérer plutôt que de construire, le dessin et la forme seront les résultats de ces démarches.
Les réflexions s’appuient sur la notion de l’Anthropocène, ère théorisée par Paul Josef Crutzen en 1995, qui définit la période durant laquelle l’action humaine est telle une force géologique à l’échelle planétaire. Cette prise de conscience de l’empreinte des activités humaines sur l’environnement exige une remise en question de nos productions, de nos valeurs et notre éthique.
Introduire une autre philosophie du vivant à partir de la pratique d’un jardin en permaculture (concept systémique et global visant à créer des écosystèmes) qui jouxterait le bâtiment de l’école et favoriserait une réflexion sur l’espace, l’acquisition d’outils techniques de pratique et d’outils conceptuels croisant la botanique et la philosophie.
Via le jardin, développer un imaginaire, une intention créatrice en parallèle d’une capacité à produire de la nourriture, à maîtriser les besoins en eau, un habitat et une énergie en respectant la logique du vivant. Cela en ayant pour objectif ce que l’on pourrait nommer  « l’autonomie première » d’une personne.

2 : Concevoir avec l’autre
Les débats environnementaux nous obligent à décloisonner les savoirs et les pratiques de l’art et du design.
Il s’agit de questionner le-les réseaux du développement des projets des étudiants et de remettre en cause la notion de « concevoir pour l’autre » et de penser une « conception avec l’autre » pour inscrire une pratique plastique dans un réseau réel de personnes ancrées dans le territoire : entreprises, artisans, acteurs sociaux…

3 : Concevoir avec le territoire
Le troisième axe intègre le « nomadisme » et la rencontre. Être à l’écoute et penser les conditions de réalisation d’un projet est essentiels pour favoriser les interactions entre les composantes du projet et développer un esprit critique générateur de changements pour notamment anticiper l’insertion dans la vie professionnelle.
Ce parcours insiste sur l’acquisition de compétences en vue de créer des réseaux qui sont essentiels au développement des projets après l'obtention du diplôme.
L'intention est de passer plus de temps à cultiver des solutions tout en maintenant un esprit critique générateur de changements.


Adossement à la recherche

Le groupe de recherche NOMADE comprend des étudiants et des enseignants d’art et de design sensibles aux enjeux environnementaux, il s’affranchit des temporalités pédagogiques habituelles pour être au plus près des enjeux et des réalités extérieurs.
Depuis plusieurs années, en art comme en design, les étudiants développent un engouement particulier pour des projets qui questionnent l’envie « du faire soi-même » avec l’ambition de travailler à l’échelle locale d’un territoire et de ses acteurs.
Ce groupe de recherche fonde son approche artistique en réaction aux défis écologiques, notamment la dégradation du climat, la pollution liée à l’activité humaine, la perte de biodiversité et la justice environnementale et sociale avec pour objectifs d'imaginer et de façonner des futurs vivables.

Les thèmes liés à l’environnement seront traités sous toutes formes plastiques et toutes les productions seront confrontées à la réalité de lieux habités par le vivant.